« Pour apaiser nos réseaux, il est temps de prendre soin de la construction du tissu social»

Un long article d’Hubert Guillaud sur Internet-Actu repose sur la traduction d’une intervention de la chercheuse américaine, danah boyd (@zephoria), en mai 2021 lors de la conférence annuelle d’Educause, l’une des grandes associations américaines qui s’intéresse aux liens entre l’éducation supérieure et la technologie. Danah Boyd est aussi fondatrice et présidente de l’Institut de recherche Data&Society (@datasociety).

Voici un extrait de la traduction réalisée.

Former des groupes est aussi important que la pédagogie

« Prenons l’exemple des équipes de projet de groupe assignées avec des notes de groupe. Si vous faites travailler ensemble des personnes qui se ressemblent, elles auront plus de chances de se lier. Cela augmentera l’homophilie, mais aussi la perception que ces ressemblances sont « bonnes ». Mais si vous faites travailler ensemble des personnes qui ne se ressemblent pas afin d’accroître la diversité, les liens ne sont pas acquis. De plus, si elles ne sont pas bien gérées, ces situations peuvent devenir compliquées. » Travailler avec des personnes différentes est plus difficile. Cela demande du travail. C’est épuisant. « Lorsque nous ne parvenons pas à trouver un terrain d’entente et des objectifs communs, nous en venons à éprouver du ressentiment à l’égard des autres personnes avec lesquelles nous pensons être « coincés ». Pensez à ce sentiment que vous avez eu à propos d’un projet de groupe où quelqu’un n’a pas fait sa part. Le problème est que lorsque nous en voulons à une personne différente de nous pour une injustice perçue comme le fait de ne pas faire sa part, nous commençons à en vouloir à la catégorie de personnes que cette personne représente pour nous. En d’autres termes, nous pouvons accroître l’intolérance par des efforts mal accompagnés pour constituer des équipes diversifiées. »

« La conception de groupe est importante. Tout autant que la pédagogie. »